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 Duo à trois

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MessageSujet: Duo à trois    Lun 12 Sep - 19:11

Ménage à trois

Just the sensation of having one man touching her and the other watching made her shiver in awareness.

Elle paniquait. Vous avez bien lu, Caitlin Edwards, celle qui a toujours tout réglé au quart de tour, celle qui est connue pour son organisation légendaire et ses projets sans faux pas : elle paniquait. Du calme, les imprévus sont toujours faciles à gérer, surtout lorsque l'on a son expérience. La soirée ne débute que dans quelques heures, elle a du temps pour trouver un remplaçant. Le contre temps ? Ses musiciens, ils sont pris hors de la ville et ne pourront arriver qu'un peu après le début de l'exposition. Un petit retard d'une demie heure, ça lui fait crisper la mâchoire, mais ce n'est pas dramatique. Cependant, pour assurer le succès de son vernissage, tout doit être prêt à leur arrivée. C'est ça le problème.

Bon Caitlin, reprends-toi. La voilà qui se lève et passe une main sur sa jupe crayon pour en faire disparaitre un pli disgracieux. Elle n'a qu'à trouver où louer l'équipement et s'assurer que tout est monté pour l'heure de leur arrivée. Avant de se mettre en route, elle envoie un bref sms à son assistante, Miranda, pour qu'elle gère le reste à sa place. Les deux femmes travaillent ensembles depuis plusieurs mois et Caitlin sait que son associée saura orchestrer l'arrivé des traiteurs et la préparation de la décoration. Sans plus tarder, la blonde saisit sa tenue de soirée déjà prête sous une housse, son sac et file vers sa voiture. Un large SUV blanc immaculé et toujours propre, une voiture à son image.

Quelques minutes plus tard, la voilà qui se gare devant le luthier près de sa galerie. C'est ici qu'Ethan, le musicien en chef du groupe qu'elle engage toujours pour l'animation de ses soirées, fait affaire pour réparer ses instruments. Il est un habitué de la place et il a indiqué à sa patronne que le magasin offrait un service de location de matériel et de montage de scène. S'ils acceptent de l'aider, contre une bonne rémunération, ils lui sauveraient la vie.

Elle pousse la porte, une petite clochette retentit. L'endroit est sombre et plusieurs instruments qui semblent in touchés depuis un moment sont alignés près du mur de gauche. Il n'y a personne derrière le comptoir, étrange. La blonde se tient droite, fière, et avance vers le fond du magasin. Au moment où elle pose son sac sur le rebord en bois, un jeune homme sort de l'arrière boutique et vient se planter devant elle. Il lui sourit, comme pour lui souhaiter bienvenue, mais la blonde n'a pas la tête à la discussion. C'est son côté soucieux des apparences qui lui font revaitir son sourire éclatant avant d'aborder celui qui, elle espère, lui sauvera la mise.

« Bonjour, je suis Caitlin Edwards, je tiens la galerie sur Gloucester Street. Ethan m'a dit qu'il vous téléphonerait pour vous expliquer la situation ? »

L'homme au comptoir la regarde un peu étrangement, peut-être n'est-ce pas à lui qu'Ethan a parlé ? Un bruit dans l'arrière boutique qui confirme que l'employé devant elle n'est pas le seul à travailler aujourd'hui.

« Je suis vraiment mal prise, Ethan et son groupe sont responsables de l’animation du vernissage ce soir, mais ils arriveront en retard. J’ai besoin que tout soit prêt lorsqu’ils seront enfin là afin d’assurer le succès de la soirée. Il me faudrait alors l’équipement nécessaire et quelqu’un pour m’aider à tout monter. »

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MessageSujet: Re: Duo à trois    Mar 27 Sep - 22:58

Ménage à trois

I woke up from another nightmare with nobody there to calm my nerve, just a vision of two summers playing stateside. It seems like such another world.

Monotone. C’est le mot de la journée. Il n’y a eu que très peu de clients - pour ne pas dire aucun - et rien n’est sorti de l’ordinaire. J’ai passé toute la journée enfermé dans l’arrière-boutique à peaufiner le design d’une guitare folk fraichement commandée et à jouer du violoncelle. Ça a du bon de travailler tout seul. Enfin, tout seul, c’est peut-être beaucoup dire. Disons que le propriétaire me fait totalement confiance et me laisse gérer la lutherie comme je l’entends. Il a beau me connaitre depuis que je suis gamin, ça me touche quand même. Il m’a vu évoluer, ce qui veut aussi dire qu’il était aux premières loges quand mes petits soucis de santé mentale sont apparus. C’est une vachement jolie façon d’le placer. Nathan esquisse un sourire narquois et je m’applique habilement à ignorer ses commentaires. Comme d’habitude. En parlant de Jacob, le voilà qui pousse la porte qui sépare sa boutique de la lutherie et passe sa tête dans l’ouverture.

« Ethan vient d’appeler. Apparemment, son groupe n’sera jamais dans les temps pour l’expo - ou je n’sais quoi - et une p’tite dame devrait passer te demander d’venir installer du matériel pour qu’ils puissent jouer directement en arrivant. Ça ira ? »

J’arque un sourcil, surpris, avant de le laisser retomber et d’acquiescer d’un léger signe de la tête.

« J’ai juste une cliente qui doit passer récupérer sa contrebasse. Tu pourras t’en charger ? »

Il hausse les épaules en guise de ‘pourquoi pas’. A chaque fois, ça me donne l’impression qu’il essaye de rentrer sa tête dans son corps, c’est comme si son cou disparaissait, ça me perturbe. Tu r’marques des trucs bizarres aussi… Je soupire, alors que Jacob pose une main rassurante sur mon épaule. Un peu comme s’il savait exactement ce qui était en train de se passer dans ma tête. Pourtant, j’en doute.

« Je ferme la boutique et je viens te filer un coup de main. »

Il disparait de nouveau derrière la porte et je reporte mon attention sur la guitare folk posée sur mon plan de travail. Je la prends délicatement et l’accroche au mur. Si je dois m’occuper d’installer du matériel, il faut encore que je le prépare. Jacob ne tarde pas à revenir et entreprend de m’aider à mettre de côté tout ce dont j’aurai besoin. Il m’apporte les enceintes de la boutique, des câbles pour connecter les divers instruments, un micro au cas où ce serait une grande salle. Bientôt tout est prêt et je m’attaque au balayage de l’arrière-boutique emplie de poussière de bois. La clochette de l’entrée se fait entendre et Jacob passe dans la lutherie, derrière le comptoir. Il ne tarde pas à m’appeler, un sourire en coin sur le visage. A quoi pense-t-il ? Je n’en sais rien mais ça a l’air de beaucoup l’amuser. Je pose mon balai et ma pelle, puis je le rejoins.

« Voilà la p’tite dame dont Ethan parlait. »

C’est vrai qu’elle n’est pas bien grande. Jace songeur la regarde avec admiration. C’est vrai qu’elle est loin d’être hideuse.

« Bonjour, c’est moi qui vais m’occuper de tout ça. Vous pouvez m’appeler Jasper. » lui dis-je en lui tendant ma main. « Est-ce que vous avez un véhicule assez grand pour y mettre tout le matériel ou est-ce que je dois prendre la camionnette ? » ajouté-je en souriant poliment.

Jacob nous salue et retourne s’affairer dans l’arrière-boutique alors que je contourne le comptoir et commence déjà à me diriger vers les quelques boites qu’on a mis de côté une petite demi-heure plus tôt. Soit le temps qu’elle fasse le chemin Leeds-Dewsbury.

« Il s’agit de quel genre d’évènement ? » demandé-je très intéressé. « Aussi, c’est une grande ou une petite salle ? »

Nathan et Jace nous observent calmement ce qui m’interpelle. Ils ont plutôt l’habitude de me faire tourner en bourrique quand je suis en pleine socialisation pour me faire passer pour un fou furieux, mais là … là, ils se taisent. Ça n’augure rien de bon. La journée avait pourtant si bien commencé.

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MessageSujet: Re: Duo à trois    Mer 28 Sep - 3:24

Ménage à trois

Just the sensation of having one man touching her and the other watching made her shiver in awareness.

La journée prend finalement une autre tournure. Il est vrai qu'en passant la porte de la boutique, j'avais eu un peu peur qu'Ethan ne se soit joué de moi en m'envoyant dans un commerce qui, au final, ne pourra rien pour moi. Je sais que j'arrive toujours à trouver des solutions à mes problèmes, mais aujourd'hui le temps tourne et chaque seconde est précieuse. Mon air se détend lorsque l'employé me tend la main, se présentant comme Jasper. Satisfaite de la compétence de mon musicien qui réussit à trouver une alternative pour assurer le succès de ma soirée malgré son absence, je ne peux m'empêcher de sourire. Serrant la main de Jasper, je me présente. « Caitlin. » Après tout, il ne sert à rien pour moi de déverser ma frustration ou mon stress contre lui, puisqu'il semble déjà prêt à tout embarquer pour partir à Leeds. J'apprécie les gens compétents et je sais leur rendre la pareille quand nécessaire. « Oui, mon véhicule devrait être assez spacieux pour transporter tout le matériel » je réponds en jugeant les boites près de l'entrée. S'il ne s'agit que de cela, en baissant les bancs arrières tout entrera sans problème.

Le voyant se diriger vers le matériel, je lui emboite le pas, regrettant de porter une jupe en ce moment même. « Il s'agit d'un vernissage à ma galerie, notre artiste vedette expose sa dernière collection qui est très attendue. Alors, il s'agit d'un espace ouvert, mais en achetant le local je suis assurée d'avoir un bon acoustique. » Les détails, voilà la clé de la réussite. Si j'avais cédé à père et pris le local industriel au centre ville, je sais que le son lors des réceptions aurait été écho, ruinant l'ambiance à chaque occasion. Je ne sais pas pourquoi je fais part de cette anecdote à Jasper. Sûrement que j'essaie de lui montrer que j'apporte de l'importance à la musique, domaine qui l'intéresse forcément. À croire que j'essaie de me prouver à tous ceux qui croisent mon chemin. « Ethan et son groupe sont responsable de l'animation de la soirée, ce que vous savez déjà. » Alors que Jasper transporte une boite, je lui tiens la porte de la boutique, bloquant cette dernière à l'aide d'un bout de bois près de la sortie. Rapidement, je lui ouvre le coffre et je descends les bancs arrières. Pendant que Jasper apporte le matériel, je m'occupe de tout placer à l'intérieur du véhicule histoire que l'on se retrouve pas avec un problème d'espace. Pas question de me tenir debout là, à le regarder, alors que je peux apporter mon aide. En silence, tout trouve sa place et nous voilà en route quelques minutes plus tard.

Ne cherchant pas à avoir une ambiance lourde jusqu'à la galerie, je me force à faire la conversation avec Jasper. Il m'a l'air timide et je ne veux pas le mettre mal à l'aise. La radio joue sur un poste assez tranquille. Rapidement, une mélodie gouvernée par des instruments à cordes remplit l'habitacle. « Vous jouez d'un instrument, Jasper ? » je le questionne à voir comment la musique semble l'apaiser. Nous avons tous un différent niveau de connexion avec l'art. Pour moi, il s'agit des arts visuels, évidemment. Je ne me lasse jamais à découvrir de nouveaux artistes, constamment en recherche de talent pour la galerie. Je sais apprécier les oeuvres modernes aussi bien que baroques, sans oublier les romantiques. Pour Jasper, il s'agit évidemment des mélodies. Du coin de l'oeil, je l'observe, le trouvant chanceux de réussir à trouver du réconfort dans la musique, chose qu'il partage avec Caleb. « Mon fiancé est un meilleur amateur de musique que moi. Je n'ai jamais compris pourquoi il ne jouait d'aucun instrument par contre. À voir quel plaisir il a en écoutant ses artistes favoris, je ne comprends pas qu'il ne se soit jamais jeté à l'eau. Il sera là ce soir d'ailleurs ! Je vous le présenterai, je suis certaine que vous vous entendrez bien. » Bien que Caleb ne m'ait jamais fait part d'une passion pour la musique, il faudrait être aveugle pour voir à quel point son écoute rempli ses yeux d'étoiles. De mon coin, j'observe, attendrie de le voir heureux, ne serait-ce que le temps d'une chanson. Quant à ma dernière remarque, une impression, un feeling me pousse à croire qu'il y a aura une chimie entre Jasper et Caleb. Le reste du trajet se fait calmement et je remercie la vie de ne pas subir d'embouteillages. Mon humeur s'est considérablement améliorée, mais je ne m'autoriserai qu'à souffler une fois la soirée entamée. Une fois à la galerie, je stationne ma voiture près de la porte d'entrée, histoire de nous aider à débarquer le tout. « Nous y voilà. Je vais aller voir si je ne peux pas trouver quelqu'un pour nous aider à tout débarquer. » Aussitôt dit, aussitôt fait. J'arrive à peine quelques minutes plus tard, ayant apostrophé un de mes assistants pour qu'il nous aide à la tâche. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, tout le matériel est maintenant à l'intérieur, il ne reste plus qu'à l'installer.



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MessageSujet: Re: Duo à trois    Jeu 29 Sep - 15:02

Ménage à trois

I woke up from another nightmare with nobody there to calm my nerve, just a vision of two summers playing stateside. It seems like such another world.

En temps normal, le métier d’un luthier n’implique pas de monter une scène, seulement dans la petite ville qu’est Dewsbury, il n’est pas rare que j’en fasse un peu plus que ce que mon diplôme devrait me permettre. Ce qui me surprend le plus - et qui me fait aussi plaisir, je dois bien l’admettre - c’est que des personnes telles que Caitlin viennent depuis Leeds pour me demander mon aide, à moi, petit luthier de Dewbury, parce qu’on m’a chaudement recommandé. Ça me touche parce que ça prouve que je suis compétent dans ce que je fais, et c’est clairement l’un des meilleurs compliments qu’on pourrait me faire. Mon boulot a une grande importance pour moi. J’ai toujours été passionné par la musique. C’était mon exutoire, quand au lycée, les seules personnes à passer volontairement du temps étaient ma sœur et ses potes. Quoiqu’en y repensant, je me dis que ma sœur était peut-être finalement la seule volontaire, menaçant ses amis d’être sympas avec moi. Je ne sais pas. Ça n’a pas beaucoup d'importance non plus. Sitôt Caitlin m’a-t-elle assurée que sa voiture devrait être assez conséquente pour accueillir tout le matériel, je me mets en mouvement. Attrapant la première boîte. J’apprends qu’il ne s’agit finalement pas d’une exposition, mais d’un vernissage. Pour dire vrai, ça ne fait pas une vraie différence dans ma tête. Ça reste le genre d’évènement que j’ai tendance à fuir comme la peste. Pas que ça ne m’intéresse pas, mais disons qu’il y a beaucoup de monde dans ce genre de soirée et que je ne suis pas de ses personnes à l’aise dans la foule. Loin de là. Je note néanmoins qu’il y a une bonne acoustique dans la salle ce qui est une bonne chose. Du coup, j’hésite un instant à prendre le micro, mais je me dis qu’il vaut mieux l’avoir et ne pas s’en servir que d’en manquer. Je ferai des tests. Caitlin bloque la porte pour que je puisse passer sans encombre, puis part ouvrir le coffre de sa voiture. Alors qu’elle rabaisse les sièges pour faire plus de place, je pose la boîte sur le trottoir, près de l’arrière de la voiture, avant d’aller chercher la suivante. Et ainsi de suite. Bientôt, tout le matériel se retrouve dans la voiture et je m’y installe également, côté passager.

Essayant d’oublier le silence inquiétant de Jace et Nathan, je me concentre sur la musique émanant de la radio. L’idée de faire la conversation avec la conductrice ne me vient même pas à l’esprit avant qu’elle ne la commence elle-même. « Vous jouez d'un instrument, Jasper ? » Je tourne la tête, acquiesçant d’un léger signe de tête sans savoir si elle le verra ou non. C’est plutôt un automatisme. « Oui. Grâce à la lutherie, j’ai eu la chance de toucher un peu à tout. Guitare, violon, alto, contrebasse... Mais mon instrument de prédilection, c’est le violoncelle. » Dans le fond, j’espère qu’elle ne me demandera pas pourquoi, parce que clairement, je n’en ai aucune idée. C’est le premier instrument auquel j’ai touché. Les cordes frottées me fascinaient et quand mon grand-père m’a demandé d’en choisir un, j’ai opté pour celui qui faisait deux fois ma taille. Peut-être parce que, déjà à l’époque, je n’étais plus vraiment tout seul dans ma tête et que le violoncelle en représentait deux comme moi ? Sauf qu’en réalité, nous étions déjà trois… Donc non, je n’en sais vraiment rien. Je n’ai pas besoin de lui retourner la question qu’elle m’explique déjà qu’elle ne joue d’aucun instrument mais que son fiancé, lui, est passionné par la musique bien qu’il n’en joue pas. Je ne sais pas trop d’où me vient cette impression, mais cette jeune femme me semble assez rigide. Elle n’est pas froide, enfin ce n’est pas la sensation qu’elle me donne, mais il y a quelque chose chez elle de trop sérieux. Et pour que ce soit moi qui pense un truc pareil, c’est que c’est vraiment ce qu’elle laisse transparaitre. Elle a l’air d’être une personne très impliquée dans son travail, cependant, et c’est quelque chose que j’admire beaucoup. « Il sera là ce soir d'ailleurs ! Je vous le présenterai, je suis certaine que vous vous entendrez bien. » A cet instant précis, je me demande si ce n’est pas ma sœur qui me l’envoie. Non parce que me présenter des gens, en pensant que je m’entendrai bien avec, est typiquement quelque chose qu’elle pourrait faire. Ça m’arrache un léger sourire. « Je ne suis pas sûr de rester assez longtemps. Ce genre d’événement n’est pas vraiment ma tasse de thé. » C’est vrai que je pensais simplement installer le matériel et rentrer chez moi par le train. Je connais Ethan et je sais que si je ne suis pas là, il se chargera de ramener le matériel demain quand il n’en aura plus besoin. L’idée de rester au vernissage ne m’enchante pas vraiment. Pourtant, je sais que si elle me le demande directement, je ne me verrai pas le lui refuser.

La voiture se gare devant une galerie. La fameuse galerie, j’imagine. J’ouvre la portière et mets pieds à terre. Sans surprise, Nathan et Jace sont là pour m’accueillir. Ça a du bon que mes hallucinations soient, un minimum, logiques. Ouep. S’il n’y a de la place que pour deux personnes dans la voiture, alors il n’y en a pas pour quatre. Par contre, mon esprit semble accepter la téléportation… On ne peut pas tout avoir. Alors que je m’attaque au déchargement de la voiture, Caitlin part chercher de l’aide. Non, parce que si je compte sur mes deux comparses, sortis tout droit du subconscient d’un gamin de six ans, je crois que je suis mal barré. Elle revient rapidement accompagnée de l’un de ses assistants et, deux temps trois mouvements, le matériel se retrouve à l’intérieur, juste à côté de l’endroit où je dois tout installer. « Est-ce qu’il serait possible d’avoir un verre d’eau ? » demandé-je poliment à l'assistant tout en commençant à vider le contenu des boîtes sur le sol. Je ne sais pas trop pourquoi, mais le mauvais pressentiment de tout à l’heure ne me quitte pas et m’assèche la gorge. C’est assez gênant et je dois avouer que j’aimerai bien savoir ce qui cause cette sensation plus que désagréable. D’un autre côté, d’ici vingt minutes, je devrais avoir terminé l’installation. En effet, après quelques minutes de plus que ce que j’avais prévu, tout le matériel est en place, prêt à être utilisé. J’ai aussi pris le soin de tester tous les instruments, de régler les enceintes comme il faut, et de voir si le micro était vraiment nécessaire. Et comme Caitlin me l’a assuré, l’acoustique est parfaite malgré l’espace ouvert - un très joli endroit d’ailleurs - et donc, amplifier le son des instruments ne se connectant pas aux enceintes n’est pas nécessaire. Sûr d’avoir terminé, je ramasse les boites sur le côté pour ne pas déranger les possibles vas et viens des invités, puis je pars à la recherche de la petite blonde. Je la trouve assez facilement, elle parle assez fort et de façon très directe. Elle m’a l’air un peu stressé. Faut dire que l’heure tourne et que je suppose que le vernissage débute bientôt. « Caitlin. » J’attire son attention. Elle finit de donner quelques recommandations à l’assistant qui m’a aidé un peu plus tôt, puis se tourne vers moi. « Le matériel est installé, les enceintes réglées et les instruments testés. Tout est bon pour Ethan est son groupe. » affirmé-je avec une certaine fierté. J’aime vraiment mon boulot.


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MessageSujet: Re: Duo à trois    Mar 4 Oct - 3:38

Ménage à trois

Just the sensation of having one man touching her and the other watching made her shiver in awareness.

Aussitôt arrivée, je me suis activée. Jasper est aidé par un assistant pour débarquer le matériel de ma voiture, les traiteurs sont arrivés, Miranda semble en contrôle avec son large pad à la main s'assurant que personne ne perde de temps. C'est que je l'ai bien formée mon assistante, la voir en charge comme ça me remplit de fierté. Au début, j'avais eu peur qu’avec sa nature douce, docile et gentille elle se fasse marcher dessus, mais elle sait prendre les rênes lorsque nécessaire. Son excellente gestion en mon absence me prouve que j'avais raison de lui faire confiance. Il est vrai que les vernissages sont des évènements récurrents comme ma galerie s'associe à plusieurs causes et fondations. Nous trempons un peu dans tout, enchères pour du financement, découverte d'un nouvel artiste, nouvelle collection... Je sais que c'est ce renouveau qui attire les gens chez moi ; il y a toujours un nouvel aspect de l'art à y découvrir.

Ce soir, nous exposons une perle. Il s'agit de sa première "vraie exposition" de toiles comme elle se plait à le rappeler. Elle a vingt ans, mais sait manier le pinceau avec une telle dextérité que moi j'en ai été émue. Sûrement moins habituée à cacher ses émotions, ses toiles laissent transparaitre toute sa fougue de jeune femme, mêlée à son innocence. Contraste unique, mouvant, étonnant. Tout juste sortie de l'école d'art, je n'avais pu la laisser partir, lui offrant directement un vernissage pour ses débuts. Il s'agit d'une décision d'affaire risquée ; si jamais ses toiles ne plaisent pas, toute cette réception n'aura été qu'un échec. Je sais alors qu'il est de mon devoir de tout concorder, consciente que l'ambiance combinée au talent sera ce qui fera vendre. La couverture médiatique attirera encore plus de gens au prochain évènement, plus de donations pour les artistes qui en ont besoin. Rien n'est certain, mais le risque est ce qui pimente ma vie.

J'ai l'impression que je suis arrivée il y a seulement une minute quand Jasper vient me dire qu'il a terminé de tout monter. Quoi, déjà ? Un coup d'œil vers le fond de la salle me le confirme. La soirée devrait bientôt commencer alors.... plus que quelques minutes selon ma montre. Heureuse d'avoir eu le temps d'enfiler ma robe de soirée à temps, je souris. Tout semble se dérouler parfaitement, comme je l’avais prévu avant les quelques contre temps et le poids sur mes épaules commence à disparaitre. « Déjà ? » Je lui réponds avec un petit regard surpris. En même temps, Ethan et son groupe passent le pas de ma porte. Incroyable, ils auront le temps de commencer à jouer avant que les invités ne commencent à arriver. De bonne humeur, j'hoche la tête vers mon musicien, pour lui montrer que je ne risque pas de lui déchirer son contrat sous le nez à la fin de la soirée. Il m'a mis en contact avec Jasper qui a totalement assuré, garantissant le succès de ma réception. « Je ne saurais comment vous remercier, Jasper. Sans vous ce vernissage aurait pris une toute autre tournure. » une main dans son dos, je nous dirige vers mon bureau, sachant quelle est la prochaine étape.

La porte se referme derrière nous et j’invite Jasper à prendre place dans le siège en cuir blanc alors que je me dirige vers mon bureau pour en sortir un chéquier du tiroir de gauche. Quelques secondes plus tard, je lui offre ledit papier avec la somme promise. « Voilà, pour votre excellent travail. » Souriante, je lui tends son dû, m’appuyant un peu sur la tranche du bureau. « La soirée commence dans quelques minutes, vous êtes évidemment le bienvenue pour vous joindre à nous. Si toutefois vous désirez quitter… » Je prends mon portable que j’avais laissé sur le bureau pour y regarder les horaires de trains se dirigeant à Dewsbury. « Oh… Le prochain train part dans quelques minutes, le suivant est dans une heure trente. Vous pouvez rester et partir à temps pour attraper celui-là, je demanderai à quelqu’un de vous conduire à la gare. » Je ne le dis pas, mais je sais que je payerai aussi son billet : il est quand même venu ici pour nous aider, son transport sera évidemment couvert. « D’ici là, je vous offre quelque chose ? Un thé, du vin, des bouchées ? » Je suis déjà en train de me diriger vers la porte, ne lui en laissant pas la chance d’en placer une. Évidemment, si Jasper souhaite quitter immédiatement l’événement, il est libre de le faire. Je ne le forcerai pas à y assister si ce n’est pas ce dont il a envie.

Même si nous n’avons passés que quelques minutes dans le bureau, il y a déjà beaucoup plus de gens présents lorsque nous revenons. Des journalistes installent leur équipement, Ethan et son groupe ont commencés quelques chansons, je vois l’artiste exposante en pleine discussion avec un de nos mécènes les plus influent et près de l’entrée, l’homme que j’attendais. Caleb est présent à chacun de mes évènements, je ne sais pas ce que je ferais sans lui : il est un pilier dans ma vie, toujours là pour m’écouter, me rassurer, m’assurer que je fais du bon travail. Ce n’est pas seulement mon fiancé, c’est aussi mon meilleur ami et de le voir arriver c’est la cerise sur le gâteau. Évidemment, il y a Ezra dans le portrait, mais pour l’instant, devant tous ces gens influents et les journalistes, mes yeux s’illuminent suite à l’arrivée de mon fiancé. Rapidement, je me dirige vers lui, mes talons claquants au passage. « Ravie de te voir. » Un rapide baiser au coin des lèvres, je me recule de lui. « Mais qu’est-ce que tu as fait avec ta chemise encore ? » Je la replace en lâchant un rire, serrant sa cravate au passage tout en replaçant son collet « Comme ça, c’est mieux. » Passant mon bras dans son coude, je me dirige vers les journalistes qui ont fini de s’installer, sachant qu’ils ont une ou deux questions sur notre couple et le mariage qui approche. Au fond de moi, j’ai très peur de la date fatidique, mais personne ne pourrait le devener à me voir rayonnante, souriante, éclatante au bras de l’homme que je devrais aimer plus que ma propre vie.

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MessageSujet: Re: Duo à trois    Mar 11 Oct - 18:59

Ménage à trois

I woke up from another nightmare with nobody there to calm my nerve, just a vision of two summers playing stateside. It seems like such another world.

J’annonce à Caitlin que mon travail ici est terminé. Je n’ai qu’une seule envie : m’esquiver avant que le monde ne commence à arriver. Je fuis les foules, ça a toujours été le cas et je pense bien que ça le sera toujours. Parfois, je me demande si ce trait de ma personnalité est vraiment lié à ma maladie. Au fond de moi, je pense sincèrement que ce n’est pas le cas, que même si j’avais eu toute ma tête, je serais tout autant mal à l’aise lorsque trop de personnes m’entourent. « Déjà ? » Je hausse les épaules en souriant. Je me doute bien que cette remarque fait davantage référence au temps qui passe plus rapidement qu’elle ne l’a anticipé qu’à ma vitesse de travail. Alors je ne réponds rien. Je me contente de sourire. Son regard se pose alors loin derrière moi et je me retourne par curiosité. Ethan est là. Je lui fais un rapide geste de la main qu’il me retourne. Je ne l’ai pas vu depuis des lustres. Seulement, ce n’est pas ce soir que nous allons rattraper le temps perdu. Je repose mon regard sur la jolie blonde en robe de soirée. « Je ne saurais comment vous remercier, Jasper. Sans vous ce vernissage aurait pris une toute autre tournure. » Je laisse échapper un léger rire nerveux. Je n’ai jamais été un grand fan des compliments. Ils finissent toujours par me mettre mal à l’aise. J’ai définitivement une trop mauvaise estime de moi-même. « Vu comme cet événement à l’air de vous tenir à cœur, je pense que vous auriez trouvé une autre solution. » Ce qui est surement vrai d’ailleurs. Elle pose une main dans mon dos pour me diriger vers son bureau. Ce contact m’est très inconfortable sans pour autant que je sois capable de dire pourquoi. Néanmoins, je ne réagis pas. Je suis à deux doigts de pouvoir m’échapper de ce vernissage sans passer pour quelqu’un de bizarre, alors je tiens bon. Le regard des gens a décidément beaucoup trop d’impact sur ma personne.

A peine sommes-nous entrés dans son bureau qu’elle est déjà en train de rédiger mon chèque. Je ne peux m’empêcher de remarquer l’absence de Jace et Nathan. Mon traitement n’a jamais eu d’incidences sur mes hallucinations, qu’elles soient auditives ou visuelles. Et pourtant, je ne vois ni n’entends quoi que ce soit d’inhabituel. Plus ça va, plus j’ai l’impression que les choses ne tournent pas rond. Caitlin me tend le bout de papier que j’accepte en la remerciant, avant de le plier et de le glisser dans la poche de ma veste. « La soirée commence dans quelques minutes, vous êtes évidemment le bienvenue pour vous joindre à nous. Si toutefois vous désirez quitter… » A cette proposition, je me vois avoir un léger mouvement de recul, rien de bien méchant, seulement elle doit s’en apercevoir car dans la foulée, elle attrape son téléphone pour regarder les horaires des trains. Je reconnais l’application à sa couleur verte pomme. « Oh… Le prochain train part dans quelques minutes, le suivant est dans une heure trente. Vous pouvez rester et partir à temps pour attraper celui-là, je demanderai à quelqu’un de vous conduire à la gare. » Cette nouvelle ne m’enchante pas du tout, mais il faudra faire avec. Je ne me vois pas patienter une heure et demie à la gare - je suis frileux ces temps-ci - alors je décide de rester. « Tant pis. » lâchai-je finalement alors que la petite blonde est déjà en mouvement vers la porte. Elle me propose à boire et à manger, mais ne me laisse pas le temps de répondre quoi que ce soit. Je me doute que c’est davantage un réflexe de politesse plutôt qu’une vraie question et que si je veux quelque chose, je n’aurai qu’à aller me servir dans la salle.

Je la suis en dehors de son bureau et malgré le peu de minutes que nous y avons passé, le temps semble s’être accélérer dans la salle. Une bonne poignée d’invités est arrivée, assez conséquente pour m’obliger à inspirer profondément. Aller, ce n’est qu’une heure trente, ce n’est rien. Ou en tout cas, c’est ce que j’essaye de me dire. Je réalise bientôt que je me suis coupé dans mon élan, que je suis resté figé non loin derrière l’hôte de la soirée. L’homme vers qui elle s’est dirigée et à qui elle est en train d’arranger la tenue n’est autre que Sully. Et à la façon dont elle le touche, elle n’a pas l’air d’être sa sœur. Ça ne devrait pas me choquer autant, après tout, je le savais qu’il avait une copine. Seulement entre le savoir et le voir, y a carrément un océan. Une main vient se poser sur mon épaule. Je tourne légèrement la tête, m’attendant à voir Jace, seulement non, c’est Nathan. Et pour que Nathan soit compatissant, c’est que je dois avoir un sacré mauvais pressentiment. Incapable d’avancer ou même d’aller ailleurs, je reste planter là, à les regarder se diriger vers les journalistes. Il ne m’a pas vu, pas encore tout du moins. Un serveur me propose une coupe de champagne et sans réfléchir, je m’en saisi. Je sais pourtant que je ne la boirais pas. Je ne bois pas. Jamais. Ou peut-être que ce soir sera la première exception depuis des années ? Je ne sais pas, je n’y pense pas. Je suis juste totalement hypnotisé par le couple phare de la soirée.

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MessageSujet: Re: Duo à trois    Jeu 13 Oct - 0:34

Ménage à trois

I woke up from another nightmare with nobody there to calm my nerve, just a vision of two summers playing stateside. It seems like such another world.

Encore une sonnerie. Je baisse les yeux. C'est toujours elle. Je n'ose pas décrocher, pour dire quoi ? Bien sûr, elle va me parler du mariage, c'est l'événement de l'année dans la famille. Et puis nous parlons de ma mère, du moment qu'elle peut apporter sa touche : elle fonce. En plus, elle s'entend à merveille avec la mère de Caiti, une équipe de choc. Elles fonctionnent beaucoup mieux que notre duo… Ce notre me fait bizarre. Ce n'est pas « notre » normal. Je souffle et laisse le téléphone vibrer. Je ne peux pas lui répondre et je ne dois pas penser ainsi… Tout s'embrouille dans ma tête, j'ai envie d'être ailleurs. Loin et avec lui. Pourquoi avec lui ? J'en sais rien. Il m'apaise. Il dégage un truc, qui me rend bien. C'est différent, tellement différent de ce que je vis tous les jours et ça me fait tellement de bien. La sonnerie s'arrête, pour le plus grand plaisir de mes oreilles. J'adore ma mère, je ferais tout pour elle, c'est ma maman après tout, mais là. Là non, je ne peux pas lui parler. Je vais devoir lui mentir et j'ai horreur de ça. Jules est de retour et je sais qu'elle aimerait le savoir et surtout le voir. Alors si je lui parle, je vais avoir envie de lui dire. Elle a toujours gardé espoir, je le sais, je la connais. Elle ne dit rien, mais n'en pense pas moins. Si j'écrivais à Jules autant, c'était pour maman et pour moi, mais je me contenais par rapport à elle. Nombre de fois, je les ai entendus s'engueuler par rapport à Jules. Alors oui, elle ne dit rien par devant, mais elle lui a déjà dit que c'était de trop. Que c'était aussi son fils, mais elle finissait sous silence, comme toujours.  Je tiens ça d'elle, tout garder et rendre les gens heureux. Dans le fond, je me demande si elle est heureuse. Le visage de Jules m'apparaît, il avait l'air si bien dans ses baskets, si calme et si différent, mais semblable à la fois. Il s'est emporté lorsque j'ai parlé des parents, ce qui lui ressemble, mais il avait un truc dans le regard de différent. Il a changé, je peux le voir, il se sent mieux, à croire que la vie sans nous, sans moi, lui a réussi. Cette idée me tire dans le cœur. Il faut que je pense à autre chose, mais pourtant c'est la réalité…. Ça me fait mal. Alors oui, y a eu la lettre, cette fameuse lettre que j'ai fini par ouvrir, qui m'a chamboulé de l'intérieur, mais … Je ne peux m'empêcher de me sortir cette pensée de la tête, j'aurai tellement aimé être la raison de son retour. Je sais que c'est purement égoïste et je m'en veux de penser ainsi. Je m'en veux aussi de ma réaction, ce n'est pas moi, je ne sors pas des grands discours de la sorte. Et puis dans le fond, j'ai compris, j'ai accepté sa décision, mais je ne sais pas. Une pointe de jalousie, peut-être, en le voyant si bien, si heureux. Le désir d'être à sa place, de ressentir ce calme intérieur. Pas de pression, ça doit être bien. Il faut que je sache ces idées utopistes de ma tête. Ce n'est pas pour moi, c'est juste une passe. En ce moment, je suis juste perdu, tout s'accélère autour de moi et je ne sais plus où j'en suis. Tout va revenir à la normal. Je vais effacer son visage si lumineux, juste le temps de le soirée. Merde la soirée. Je regarde l'heure. Elle va me tuer. J'avais complètement oublié que c'était ce soir, son soir, son exposition. Je ne suis pas prêt et clairement : je n'ai pas envie d'y aller. Ce qui me fait aussi penser que je n'ai pas répondu à Jasper. J'ai l'impression d'avoir de nouveau seize piges, je lui envoie des sms, quand Caiti n'est pas là. Depuis notre rencontre, j'arrête pas de penser à lui et ça me fait du bien. Sauf que là, je vais être en retard et elle va me maudire. Espérons qu'elle soit bien trop occupée pour s'en rendre compte. Que les dieux soient avec moi pour le coup. Elle a du laisser un costume dans ma voiture ou alors, je change juste de cravate, ça le fera. Je ne suis déjà pas motivé à l'idée de m'y rendre, mais si en plus il faut que je me change. Horreur et damnation. Mon téléphone vibre à nouveau, mais il s'agit d'Izzy. Désolé Bob, je n'ai pas le temps. Si je ne veux pas que ma fiancée, craque, il faut que je m'active.

Le parking est déjà presque complet, une petite place et le tour est joué. Mince ma cravate, j'ai oublié de la changer. Voyons voir, est-ce que j'ai toujours celle de rechange. Oui, elle fera l'affaire, simple, élégante, elle fera l'affaire pour ce soir. Je n'ai pas la tête à tout ça, je n'ai jamais la tête à tout ce barda. La foule, les gens, ça n'a jamais été mon plaisir, si je le fais, c'est pour Caiti, pour la soutenir. C'est mon rôle après tout et puis c'est ce qu'on attend de moi. Je me dois d'être à ses côtés à chaque nouvelle exposition. J'adore l'art, mais honnêtement, je préfère être chez moi, musique en fond et lire ou juste savourer la musique. Là je vais devoir rester debout pendant je ne sais combien d'heure. La soirée va être longue, très longue. Je sors mon téléphone et finit mon message pour Jasper. Je ne l'ai pas surnommé ainsi dans mon téléphone. Je lui ai mis son pseudo, celui qui m'a permis de le connaître. Voilà pourquoi je me sens comme un ado, lui écrire, mais surtout quand il m'a donné son numéro, j'étais heureux. Je ne sais que c'est rien, mais il me l'a donné en personne. Oui, bon j'ai l'air d'un idiot. J'ai fait le premier pas, comme Izzy me l'a conseillé et puis si ça peut me faire du bien de le voir. Il m'a dit qu'il serait là. Je range ce téléphone et permettre dans la galerie. Allez ce n'est que quelques heures, me dis-je en soufflant un bon coup. Je n'ai pas le temps de chercher Caiti qu'elle débarque devant moi. Elle a des yeux partout, rien ne lui échappe, pas moi, la preuve. Et encore moins ma cravate. « Comme ça, c’est mieux. » J'ai l'impression de revoir ma mère, elle me faisait la même chose. « Désolé, j'ai été retenu au boulot. »Je préfère anticiper plutôt que d'avoir une remarque. Elle m'emmène, sans que j'ai le temps d'analyser la pièce ou même la musique. Tout s'enchaîne trop vite. Dans ce genre de moment, je me demande pourquoi elles ne s'entendent pas. Izzy est tout aussi rapidement que Caiti et moi l'escargot de service. Je déchante rapidement en voyant où elle m'emmène : les journalistes. Ce que je déteste le plus dans ce genre de soirée. De base, je n'aime pas les rassemblement, mais alors si on rajoute les journalistes, autant dire que c'est l'enfer. Je maintiens mon sourire, je ne voudrais pas enticher sa carrière et puis ça me fait plaisir de la voir si resplendissante. Elle est dans son élément, la reine des abeilles. Caiti répond aux journaliste avec aisance, ce qui n'est pas mon cas. Je me contente juste de sourire, oui je suis du genre à rien dire. Mon nez me chatouille, mais je me garde bien de le gratter. « Nous avons appris que la date du mariage est bientôt. » Pourquoi est-ce qu'il me regarde ? Il s'attend à ce que je lui fasse un monologue ou bien ? « C'est exacte, dans moins d'un mois et demi, je deviendrais Mme Barnes ... » Un bruit de verre se fait entendre derrière moi. Je tourne la tête. « Oh crap's » Hein ? Non je n'ai pas dit ça à voix haute ? Caiti me fixe et il n'y a pas qu'elle. Et moi. Moi je le regarde lui. « Caleb ? » Hein ? Caiti tente de me ramener a elle et j'ai bien du mal à maintenir le cap. « Veuillez m'excuser » finis-je par dire à ces journalistes, toujours avides du moindre scoop. Je déglutis. Elle reprend son interview et je reste en plan. Ils n'ont pas l'air d'avoir tilté. Caiti est bien trop concentrée par son interview et eux sont trop intéressés par ce qu'elle dit. Je ne suis rien, mes mots n'ont pas d'importance. Ça ne se passe qu'entre lui et moi. Tournant la tête légèrement. J'ai chaud. Mon coeur s'accélère. Son regard. Je peux le sentir sur moi, mais surtout cette façon qu'il a eu de me regarder.
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MessageSujet: Re: Duo à trois    Dim 16 Oct - 4:25

Ménage à trois

I woke up from another nightmare with nobody there to calm my nerve, just a vision of two summers playing stateside. It seems like such another world.
On dit de moi que je suis la reine des abeilles, il n'y a pas plus vrai. Entourée d'une dizaine de personnes, j'arrive à avoir des yeux partout tout en restant ce qu'il y a de plus efficace à la tâche. Les serveurs se dirigent aux bons endroits, les lumières sont bien orientées, la musique coule doucement derrière les conversations. Je sais dès que quelque chose se dirige vers une autre situation que celle que j'avais anticipée. Ma galerie, ma soirée, mes volontés. Même Caleb semble se prêter au jeu à force, ne rechignant jamais lorsque je lui annonce que j'ai une entrevue ou une soirée à laquelle il doit m'accompagner. Je vois bien dans ses yeux qu'il le fait seulement pour me faire plaisir et je lui en suis totalement reconnaissante. Lui à mon bras, entourée de tous ces gens, je me sens vivante, je me sens puissante. J'aime tout diriger, tout contrôler, tout animer. Au centre de l'attention, de l'organisation, je sais que j'ai ma place. Le fait que je travaille avec des artistes ne fait qu'animer ma passion, puisque pour percer dans ce milieu il faut obligatoirement être enchanté de ses créations. Vous ne verrez jamais un guitariste en faire son métier si jouer de cet instrument l'horripile. Par contre, quand on pense aux experts comptables, ça on en trouve beaucoup plus qui sont découragés de leur emploi. Dans mon milieu, tout le monde s'y plait, ce qui rend le tout tellement plus motivant et agréable. Rayonnante, c'est avec plaisir que je réponds aux questions des journalistes sur la soirée. Au début, tout tourne autour de l'exposition, de l'artiste et des projets à venir. Je me fais plaisir de leur en dévoiler juste assez pour susciter l'intérêt et de vanter les mérites de la nouvelle peintre. Caleb, lui, m'écoute ou est dans la lune, il me laisse tout gérer. Je l'ai apostrophé lors de son arrivée parce que je sais qu'après les formalités sur la soirée, on nous posera des questions sur notre mariage. L'évènement est sur toutes les lèvres et quand les gens sauront que la date est devancée, je veux que Caleb soit là. Je veux qu'il soit près de moi pour me soutenir, même si je n'ai aucune envie de ce mariage. Il reste mon meilleur ami, celui à qui je "dis" tout, celui avec qui je partage ma vie et surtout, celui qui est dans le même bateau que moi. J'espère qu'en annonçant aux journaliste que je deviendrai Madame Barnes plus tôt que prévue, que je ressentirai ces petits papillons mythiques qui sont trop présents chez les couples fiancés. Raté, cette annonce ne me fait pas vivre d'émotions, mais mon sourire éclatant le cache. Pas d'émois, seulement une exclamation de la part du journaliste et un regard que je souhaite tendre vers mon fiancé qui ne semble pas avoir écouté la conversation. J'arrive pour lui serrer le bras un peu plus fort, pour le faire revenir à lui, qu'un bruit de cristal tombant au sol nous tire de notre petite bulle pour quelques secondes. Il s'agit de Jasper, il a échappé sa coupe de champagne. À mes côtés, Caleb marmonne quelque chose tandis que moi je cherche le maitre d'hôtel des yeux. Je me détends lorsque je le vois arriver près de Jasper avec un balai. L'entrevue peut poursuivre, mais Caleb fixe toujours le dégât. Il s'excuse, la journaliste me pose une autre question et quelques minutes plus tard, après quelques clichés de mon couple, elle part. Dès qu'elle a le dos tourné, je lâche le bras de Caleb, remettant cette distance de 'sureté' qui s'est malencontreusement installée entre lui et moi au fil des ans. Nous n'avons plus d'intimité, mais en plus nous n'avons même plus de proximité. Un serveur passe près de nous et nous tends deux coupes de champagne que nous prenons rapidement. Ma main libre vient se poser sur le torse de mon fiancé et je lui demande d'une petite voix: « Caleb, tout va bien ? » Sourcil froncé, je m'interroge. Il semble plus pâle, plus stressé que d'habitude. J'avoue qu'il n'a jamais été friand des foules, pas comme moi, et que la galerie est particulièrement bondée ce soir. Malgré ma question, je sais que même s'il ne se sent pas particulièrement à l'aise, il ne m'en fera pas part. Pourtant, je me sens particulièrement légère ce soir, la soirée me semble déjà être un succès malgré sa courte durée. « Vient, je dois te présenter quelqu'un. » Ma conversation avec Jasper en voiture me revient, sa passion pour la musique. Laisser Caleb seul dans cette jungle serait sûrement trop pour son état qui ne semble pas maximal, alors lui présenter le jeune violoncelliste (prodige, grâce à lui cette soirée est un succès) peut être la solution à tous ces problèmes. « Jasper ! » je lui dis, me rapprochant de lui, près du mur au fond de la salle, trainant Caleb à mes côtés. « Il y a quelqu'un que je voudrais vous présenter. » Convaincue que je suis en train de faire une bonne action, et non pas de créer la situation la plus malaisante que Dewsbury ait jamais connu, j'arrive devant lui avec Caleb sur les talons. « Je vous présente Caleb, mon fiancé. Caleb, voici Jasper. Il a accepté de dépanner Ethan et son groupe et de venir installer l'équipement pour que tout soit prêt à leur arrivée. Je lui dois une fière chandelle, sans lui la soirée ne serait pas ce qu'elle est présentement. » Je le vois qui baisse les yeux, sûrement gênés par mon approche trop direct, ou est-il gêné de mes compliments ? Pipelette, je ne leur laisse pas vraiment le temps d'en placer une avant de continuer. « Je tenais absolument à te le présenter » je poursuis, m'adressant à Caleb. « Quelque chose me dis que vous allez bien vous entendre. » Je pense que l'un deux fait un commentaire, mais on m'interpelle un peu plus loin, près du tableau principal. « Je vous laisse faire connaissance. » Un bizou sur la joue de mon fiancé et je me recule, ne leur laissant guère autre choix que d'entamer une conversation. « Et Monsieur ? » je tape sur le bras d'un serveur passant près de notre trio avant de quitter. « Veuillez apporter un verre d'eau à Jasper, je vous pris. » Je ne lui en ai pas donné en quittant mon bureau et après avoir fait tomber sa coupe de champagne, je me doute qu'il n'allait pas en reprendre une autre. Un dernier sourire et je m'éloigne, laissant derrière moi deux hommes qui, je le pense, feront connaissance pour la première fois.


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MessageSujet: Re: Duo à trois    Mar 18 Oct - 22:57

Ménage à trois

I woke up from another nightmare with nobody there to calm my nerve, just a vision of two summers playing stateside. It seems like such another world.
L’écho du bruit de verre résonne encore dans ma tête. J'ai l'impression de revoir l'annonce de l'avancement du mariage. Tout semble ralentir autour de moi. La façon qu'ils ont de parlés, d'agir. Ou alors le problème vient de moi. Il est là. Il est ici, dans ces lieux. Elle est là. Mon monde vient de se fracasser. Mes pensées sont éparpillées, tel ces bouts de verres. Je ne sais plus ce que je dois dire ou faire. Son regard me transperce le dos. Elle agit toujours en reine des abeilles. Mon petit égarement n'a pas été remarqué, du moins je ne crois pas. Ils agissent comme ci je n'étais pas là. C'est le but après tout. Je ne suis là que pour les photos, l'encourager, rien de plus. Je ne dis jamais rien. Ce que j'ai à dire n'a pas d'intérêt. Je peux sentir la sueur qui monte, cette goûte qui atterrir sur ma main. Respire. Expire. Ce n'est pas le moment de flancher. Oh que non. Je me suis déjà assez ridiculiser devant lui… Rien qu'en y repensant, j'ai la honte. Je suis vraiment ridicule, idiot et bête. Je déglutis doucement, n'osant pas me retourner. Il est là. Trois petits mots, mais tellement d'importance. Caiti s'agite, ses mains bougent devant moi. J'ai l'impression que mes yeux s'embrument. Je suis là, sans être là. Les sensations sont présentes, je vois tout qui s'éloigne. Moi un point dans cette pièce ou le vide a fait place. Pas d'issu de secours. Pas de rattrapage. Je ne peux pas fuir, même si j'en ai envie. C'était peut-être juste une vision, j'ose à peine tourner la tête. Non. Je n'ai pas rêvé. C'est bien lui, pas loin de la scène, sa main ne s'est pas replié. Tout est comme je l'ai vu. Il faut que je fasse quelque chose, oui mais quoi ? D'un coup ça s'agite à nouveau, autour de lui cette fois. J'aimerais tellement y être, plutôt que d'être là. Lui dire quoi ? Bonne question. Croiser son regard et m'y perdre à nouveau ? Oui. J'aurai l'air ridicule, pour changer. Malgré tout, mes pieds sont ancrés dans le sol. Je ne trouve pas la force de bouger, ou alors c'est l'envie. « Caleb, tout va bien ? »  La voix de Caiti me sort de mes pensées. Le gong apparaît, tout revient à la réalité. Les journalistes ne sont plus là. Tout s'active à nouveau autour de moi. Je ressens un vertige, ça va passer. « Oui, oui désolé. » Il faut que je me contienne, ce n'est pas le moment. Et puis Caiti a besoin de moi. Je me dois d'être son appuie, elle a toujours pu compter sur moi dans ce genre d'événements. Alors que ça n'a jamais été mon environnement. Je ne suis pas comme elle, je ne virevolte pas entre les gens, je n'ai pas son aisance. J'ai déjà du mal à me sentir à ma place dans mes propres réunions… alors que Caiti illumine la pièce. C'est son élément, son truc à elle. Cette exposition lui tient à cœur, j'aime la voir ainsi. Son bonheur c'est ce qui m'importe … c'est ce que je veux pour elle. Si pour ça, je dois supporter ce costume, sourire aux médias et bien je le fais. Parce que dans le fond, c'est ce qu'on attend de moi. Tel mon père, elle m'entraîne dans toute ces mondanités, alors que je réclame juste le silence. « Vient, je dois te présenter quelqu'un. » Me présenter quelqu'un ? Je fronce les sourcils, c'est bien la première fois qu'elle réagit ainsi. D'habitude, elle me laisse dans mon coin, je regarde les œuvres, je parle avec son bras droit. Depuis le temps, on a appris à se connaître. Je me tiens loin des gens. Là elle m’amène … « Jasper ! » C'est une blague ? Une caméra cachée, y a plus de doute. Ou alors elle est a courant … oh non. Non. Elle ne peut pas être au courant. C'est pas possible, je sens à nouveau la sueur apparaître sur mon front. Respire. Expire. Je peux le faire, il n'y a pas de raison, mais non elle ne peut pas savoir. Je suis méticuleux. Et puis, je n'écoute même pas ce qui sort de sa bouche. Je fonds devant son regard. Qui est différent de la dernière fois … il me fait du bien, mais du mal à la fois. Je ne saurais pas dire. Il m'en veut. Il a de quoi m'en vouloir. Je lui ai rien dit… « Je vous présente Caleb, mon fiancé. Caleb, voici Jasper. Il a accepté de dépanner Ethan et son groupe et de venir installer l'équipement pour que tout soit prêt à leur arrivée. Je lui dois une fière chandelle, sans lui la soirée ne serait pas ce qu'elle est présentement. » Elle a pris le couteau et l'enfonce un peu plus. Son fiancé. J'ai l'impression d'être … son animal de compagnie. Je devrais être heureux qu'elle prononce ces deux petits mots, mais non. C'est tout le contraire. Bon sang Caiti … je ne peux pas lui en vouloir. Je sens à sa voix qu'elle est sincère. Elle fait un éloge sur Jasper. Jasper … mon jasper. Pourquoi je pense ainsi. Ce n'est pas le mien, enfin si c'est le mien dans le sens que … que rien du tout ! Ce n'est pas le mien. Et cette situation devient embarrassante. Si je pouvais m'enfoncer sur le champs, je le ferais. « Quelque chose me dis que vous allez bien vous entendre. »  Si tu savais … j'ai envie de sourire. De dire quelque chose, mais rien ne sort. Je suis bloqué devant son regard. Il me pétrifie. Il faut que je me reprenne, mais je n'arrive à rien. Caiti s'agite toujours autour de nous. J'ouvre la bouche et me retourne enfin, mais elle n'est plus là. Je dois avoir l'air con. Une fois de plus et devant lui. Il faut que j'agisse.  « Je … désolé … c'est pas ce que tu crois, enfin si, mais c'est … » Le serveur m'interrompre. J'en voudrais bien de l'eau. Mettant une main dans mes poches. J'ai clairement l'impression d'être mon frère… Oh non voilà que je pense à Jules. Je ferme les yeux un instant. Ce n'est pas le moment. « Tu veux pas qu'on aille discuter ailleurs ... » pitié dit oui. Pitié me repousse pas. Je ne sais plus quoi dire ou quoi faire. Il ne dit rien. Je doute que l'idée lui plaise. On est censé faire connaissance, tu parles ça fait six mois qu'on discute et je n'ai pas trouvé le moyen de lui dire … Je suis vraiment le roi des idiots. « Jasper .. » je souffle et passe une main dans mes cheveux. C'est pas quoi ? Les mots ne me viennent pas. En temps normal, j'ai toujours quelque chose à lui dire, toujours, mais là … rien. Je sais qu'il faut que je fasse quelque chose. Mais quoi ? Je baisse les yeux, fixant mes chaussures. J'ai merdé, totalement …
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Dernière édition par Caleb Barnes le Lun 14 Nov - 0:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Duo à trois    Ven 11 Nov - 21:37

Ménage à trois

I woke up from another nightmare with nobody there to calm my nerve, just a vision of two summers playing stateside. It seems like such another world.
Le regard fixe, perdu dans le vide, j’ai l’impression que le sol va se dérober sous mes pieds. Qu’est-ce qui vient juste de se passer ? Fiancés. Ils sont fiancés. Ils vont se marier. Et moi dans tout ça ? Moi, j’y ai cru. Il s’est bien foutu de ma gueule. Mais merde, pourquoi ? La coupe de champagne brisée à mes pieds a attiré l’attention de quelques personnes. Ça me passe par-dessus la tête. « Monsieur est-ce que ça va ? » Est-ce que ça va ? Non, pas du tout. Ça ne va pas du tout. Pourtant, j’acquiesce d’un léger signe de tête en m’excusant poliment. Je regarde l’assistant s’activer avec une pelle et une balayette pour nettoyer mes bêtises. Je me sens con. Très con. Viens, on s’en va. J’aimerai l’écouter, le suivre, mais j’en suis incapable. Mes pieds sont glués au sol et quand l’assistant achève sa tâche et repart comme il est arrivé, mon regard se replante dans le dos de Sully.

« Je … désolé … c'est pas ce que tu crois, enfin si, mais c'est … » Je ne sais pas comment il est arrivé là. Je n’ai pas entendu Caitlin nous présenter. Je n’ai absolument rien capté. Je ne dis rien. Je ne réagis pas. Je me contente de le regarder. L’admiration dans mes yeux s’est enfuie en courant. L’homme devant moi, je ne le reconnais plus. Je ne sais plus qui il est. Je ne suis même plus sûr de l’avoir su un jour. Un mirage. Est-ce que c’est tout ce qu’il est ? « Tu veux pas qu'on aille discuter ailleurs ... » Il ne m’a jamais parlé de mariage. Il m’en a parlé de sa copine, mais il ne m’a jamais dit que c’était aussi sérieux. Jamais. Je m’en serais souvenu. J’aurais compris. Je me serais retiré. Bon sang, si j’avais su. « Jasper… » Non. Non. Non, je ne veux pas. Je ne veux pas parler. Je veux juste sortir de là. Ma respiration s’accélère. Le monde se rétrécit autour de moi. Les gens, j’ai l’impression qu’ils ne regardent que nous. Qu’ils savent tout. Je me sens … humilié. Je… j’ai besoin d’air. Jasper. Non. NON ! « Laissez-moi tranquille ! » J’étouffe. Je pousse Nathan et Caleb pour passer entre eux et me ruer vers la sortie. De l’air. J’ai besoin d’air. Caleb… Caleb… Jasper, ça va aller. Respire. Jace attrape ma tête entre ses mains et plaque délicatement son front contre le mien. Les larmes montent. Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce que c’est que ça ? L’espoir. Tout l’espoir que j’ai emmagasiné, il n’en reste plus rien. En fait, j’avais raison. « J’avais raison. » Je ne peux pas être heureux. Je n’ai pas le droit. L’univers me punie pour ce que je suis. Je ferme les yeux. Une larme roule le long de ma joue. Le contact, bien qu’imaginaire, avec Jace m’apaise. Je retrouve une respiration petit à petit. Tu veux que je lui pète les dents ? Je laisse échapper un léger gloussement. Dans quoi est-ce que je me suis encore fourré. Je sais qu’il est derrière moi. Je suis sûr qu’il est totalement décontenancé. Au bord du gouffre. Je repense à toutes nos conversations, à ses chansons, à notre première rencontre officielle. Puis les paroles de Caitlin me reviennent en tête telle une gifle. « Je n'ai jamais compris pourquoi il ne jouait d'aucun instrument par contre. À voir quel plaisir il a en écoutant ses artistes favoris, je ne comprends pas qu'il ne se soit jamais jeté à l'eau. » Elle ne le connait pas. Pas assez. Pas complètement. Ce mirage, celui qui nous dupe tous, qui nous ridiculise, qui nous bouffe de l’intérieur… Est-ce que c’est eux ? Est-ce que c’est nous ? Est-ce que c’est juste lui ?

Jace lâche ma tête et je la penche en arrière avant de me retourner pour lui faire face. Mon visage est meurtri par ce sentiment de mal-être. Cette trahison, je ne la vis pas bien. Pourquoi est-ce qu’il ne m’a rien dit ? C’est ça que je ne comprends pas. Ce n’est pourtant pas si difficile que ça ! Jasper, je vais me marier avec la blondinette la plus mignonne de tout Dewsbury. Fais chier. « Caleb Barnes. » soupiré-je. « Bon sang, mais qui es-tu ? » Cette question me semble tellement débile, et pourtant, elle est pleine de sens. J’ai besoin de savoir que je connais le vrai Caleb. J’ai besoin qu’il me dise que Sully, c’est vraiment lui. Qu’il ne m’a pas totalement pris pour un con.

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