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 Are you here, James?

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MessageSujet: Are you here, James?    Mar 18 Avr - 15:52

Cela fait plusieurs jours que je n’ai pas eu de nouvelles de James. Nous sommes maintenant proches depuis un certain bout de temps. A vrai dire, je le considère même comme un ami. Il fait partie des premiers hommes à être rentrer dans ma vie suite à mon coming-out. Et ceci de la manière la plus platonique qu’il soit, et c’est ce que j’apprécie. J’entretiens très peu de relations amicales avec des gays, c’est la plupart du temps intéressé, et je le reconnais, c’est souvent de mon côté. Avec James, c’est tout à fait différent. Déjà, quand je l’ai rencontré, il était encore avec Matthias. C’était un couple que j’appréciais fortement. D’ailleurs, c’est en partie grâce à eux que j’ai pu commencer à m’assumer et me mêler plus facilement à ma nouvelle communauté.

Depuis qu’ils se sont séparés, j’ai pris le parti de James. Du coup, on se voit assez régulièrement. Il passe souvent au bar, pour noyer son chagrin dans l’alcool, mais aussi pour pouvoir pleurer sur mon épaule. Ca me brise le cœur de le voir dans cet état, mais la compassion et les bons conseils qui vont avec ne font pas partie de mes qualités. Sinon, le reste du temps, il passe chez moi ou inversement pour qu’on se regarde de bons vieux soaps à l’eau de rose, devant un bol de pop-corn. Il n’y a pas plus pathétique. Je préfèrerais qu’on partage autre chose, cela risque de devenir lassant. D’ailleurs, je crois que cela est en train de se produire, et je ne voudrais pas que notre amitié soit gâché à cause d’une rupture douloureuse. Il est peut-être temps qu’on partage autre chose que de la vodka et du gras.

Je n’ai pas reçu de SMS depuis un certain temps. Avant d’imaginer qu’il ne veuille plus me parler, je m’inquiète. Avec tout ce qu’il s’inflige ces derniers temps, il est possible qu’il lui soit arrivé quelque chose. Je ne veux pas imaginer le pire, et n’étant pas de nature anxieuse, je ne veux pas me faire de soucis avant l’heure. C’est d’un pas décidé que je me dirige vers chez lui. J’ai sur l’épaule un sac de golf. Il serait peut-être temps qu’on sorte prendre l’air et voir du monde. Je veux surtout qu’il pense à autre chose. Bien entendu, je sais pertinemment qu’il va décliner mon offre, mais je suis prêt à le travailler au corps. Il suffit parfois d’un déclic pour comprendre qu’on s’enlise pour rien. La vie continue et je veux qu’il le réalise. Je suis devant le perron et je sonne trois fois, histoire de le réveiller.
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MessageSujet: Re: Are you here, James?    Mar 25 Avr - 0:18


Dans l'intention de faire le tri dans les affaires de Matthias, qui ne semble pas décidé à les ramener dans sa nouvelle habitation, j'attrape les objets lui appartenant pour les glisser dans des cartons. Je les rassemble pour ne plus les apercevoir traîner dans notre grande maison, rendant mon cœur plus déchiré que jamais. Je tombe sur des clichés encadrés et entreposés sur une commode ; sur des bouquins tirés d'affaires policières. Je les contemple toujours avec attention, sans réussir à les déposer promptement au fond d'une boîte. Je me bousille le cœur à me concentrer sur tout ce qui se réfère à lui, seulement je ne parviens pas à n'y prêter aucun intérêt. Je le revois encore me lire des passages glauques ou sanglants de certains livres pour provoquer une expression de stupeur sur mon visage. Comme il adorait diffuser un film d'horreur sur l'écran de notre télévision, en m'ayant fait croire au préalable que c'était uniquement un thriller. Et il s'amusait de mes sursauts, comme si je m'étonnais encore une fois de son entourloupe. Il riait comme un gamin, sa petite moustache tressautant. C'était ça, le bonheur. Je n'en réclamais pas davantage, je me contentais de moments simples qui apportent une stabilité dans l'existence. Je lui ai certainement foutu la pression quant au mariage, parce que je suis un brin romantique et que ça a toujours eu une valeur importante dans ma famille. Le demander en mariage, c'était comme célébrer les seize années de complicité vécues.

Mais il s'est envolé, pour des altercations intensives, pour cet homme plus charmant sans doute. Il m'abandonne en laissant seulement des souvenirs pleins la tête. Ils m'écorchent le coeur, amenuisent toute envie de reconstruction. Je tenais le bonheur entre mes mains, et il s'est évaporé, me glissant tout doucement des doigts... Je ne l'ai jamais aperçu. La rupture a été brutale, précédée par la révélation de son infidélité. J'ai beau avoir la quarantaine, je me retrouve à l'état d'un gamin paumé qui ne sait plus vers quoi se guider. Le sens de ma vie s'est dissipé, sans même que je puisse m'y préparer. Et ma vie est piétinée chaque fois que je me remémore un souvenir commun, parce que la fin de ces rires cristallins, des étreintes consumées et des baisers échangés reste identique. Leur manque de loyauté demeure, sans négliger ma vie. Et je me retrouve chaque fois avec un goût de désespoir ancré dans les entrailles, prêt à cracher toute ma rancœur. La confiance s'est écartée de ma vie, et a été déchiquetée par les deux hommes que je considérais comme les plus importants de mon existence. Ils me l'ont bien rendu en copulant dans mon dos, pendant que j'aspirais à une vie idéale et préparais le mariage accepté. Cette réalité me procure tellement de rancune et de morosité que j'en verse quelques larmes au fond de mon lit. Des vagues déferlantes de désespoir. Ça coule sans cesse, je ne les contrôle plus. Mais toute la hargne qui m'écorche le cœur ne suffit pas à atténuer ne serait-ce qu'un peu l'amour dévorant que je ressens à l'égard de Matthias. Avant d'être en colère, je suis en profond manque de lui. Alors je tente de trouver des alternatives, même pathétiques, pour combler le vide que je dois affronter au quotidien. Son silence, son absence sont déchirantes. Alors j'enfile souvent ses pulls, trop larges, imprégnés de son parfum. Parfois il ne se dégage plus du tissu et ça me suffit pour pleurer davantage. La tristesse m'épuise à tel point que je finis toujours par m'endormir tardivement, ravagé par les larmes. A moins que l'alcool ne contribue à m'assommer, lorsque je vide les fonds de placard ou trouve du réconfort dans le bar de Filipe.

Aujourd'hui pourtant, un bruit agaçant vient m'extirper de mon sommeil. Je sursaute légèrement avant d'inspirer profondément et de me frotter les yeux. J'entends de nouveau la sonnerie retentir à travers la villa, m'agressant les oreilles et l'esprit. Je grogne, ne bouge pas, avant de l'entendre une troisième fois. Je me décide enfin à me lever pour descendre les escaliers et ouvrir la porte, d'un air agacé et brutal. J'ouvre péniblement les yeux lorsque les éclats du soleil viennent m'aveugler, je porte même une main au-dessus de mon visage pour détailler les traits de l'inquisiteur. Je suis surpris que ce soit toi. « Filipe ? » Je repère le sac de golf sur ton épaule et je m'interroge sur tes motivations. « Qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne bosses pas aujourd'hui ? » J'ignore quel jour il est. « Désolé, je dormais. » J'explique, sans connaître l'heure. Je suis à côté de la plaque en ce moment, m'engouffrant dans une déprime profonde. Je n'ai pas besoin de le préciser. De toute façon, tu peux le deviner avec ma coupe ébouriffée, ma barbe trop luxuriante, ainsi que mes cernes sous les yeux, mon teint blême, et l'obscurité qui se dégage de la villa.
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MessageSujet: Re: Are you here, James?    Mar 25 Avr - 10:59

Mon inquiétude s’envole soudainement quand je vois la poignée se mettre à bouger. James était bien chez lui. C’est sa silhouette qui se dégagea en premier dans l’encadrement de sa porte. Peut-être sans le remarquer, l’homme déchu me dévisage. Il me regarde de haut en bas. S’attendait-il à voir quelqu’un d’autre ? Qui cela pourrait-il être… J’observe son regard perplexe, empli de tristesse, et aussi de déception. Je ne suis pas un sauveur. Je ne sais pas à qui à quoi il s’attendait, mais de ce que je sais en ce moment, cela ne peut pas être n’importe qui frappe chez lui. Et surtout pas Matthias.

Je suis son ami, après tout. Enfin, j’ose le croire, et du moins l’espérer. C’est vrai que je me pose la question. On ne peut pas dire que l’on partage vraiment ce que deux amis peuvent partager. La tristesse, la consolation, ça va un temps, mais ce ne sont pas de beaux souvenirs qui sont formés. Certes, les épreuves difficiles rapprochent, soudent deux personnes, mais c’est aussi que du blabla. Après tout, c’est James qui traverse une épreuve difficile, pas moi. Je ne vais pas renforcer quoique ce soit. J’aurais été au moins là pour lui, je fais partie du célèbre adage qui dit que l’on reconnait ses amis que dans les moments difficiles. Au moins, on ne pourra me le reprocher. Mais au vu de l’affection que je lui porte, j’ai envie que l’on dépasse cet étape.

« Sympa ta façon de m’accueillir. Je pensais que tu serais content de me voir. » Je suis assez cash comme garçon. Enfin, je le suis devenu. J’ai passé trop de temps à ne pas dire ce que je pense, à mes parents, mon ex-femme. Je sais que ça n’apporte rien, de stagner. « Ecoute, je ne compte pas rester sur le pas de la porte… » Je ne lui demande pas son avis. D’un léger coup d’épaule, je pénètre dans son antre, et lui adresse un baiser sur la joue pour le saluer. Je m’invite, mais au vu de son état, c’est la meilleure solution. Mon dieu, ça sent le fauve dans cette baraque. Depuis combien de temps n’est-il pas sorti et aéré cet endroit ? Surement depuis autant de temps qu’il ne m’a pas envoyé de SMS… Il me faisait une bien belle déprime.

Je me dirige vers le salon et ouvre les volets et les fenêtre, toujours sans demander son avis. En même temps, je lui réponds à ses questions, faisait comme si de rien n’était. « On est en pleine journée. Et tu sais très bien que je travaille quand je le souhaite. » Après tout, je ne suis pas serveur au Dixie, j’en suis le propriétaire, j’ai l’impression que les gens ont du mal à se faire à cette idée-là, que je sois le patron. Est-ce parce que je me suis fait longtemps écrasé par ma famille ?

Je ne comptais pas tourner autour du pot. Quand quelqu’un déprime, il faut lui rentrer dans le lard. Visiblement, je le réveillais, donc il lui fallait un électrochoc bien senti pour le booster. « Qu’est-ce que je fais là ? Je ne sais pas, tu ne passes plus au café, pas de texto… Tu me manques peut-être p’tite tête. » Une fois les fenêtres ouvertes, je m’assois sur son divan, et tapotant sur le coussin à ma droite pour qu’il vienne s’y assoir. Malgré tout, j’ai beaucoup de sentiments pour lui et sa présence m’est bénéfique. Je me sens bien quand il est avec moi, c’est aussi ça l’amitié. « Je m’étais dit qu’on pourrait changer, se faire un golf, un poker, un tour en voiture, une partouze, je sais pas quoi, changer d’air. » J’essaye l’humour, pour lui montrer qu’au final mes intentions sont plus que louables et totalement dirigées vers lui.
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MessageSujet: Re: Are you here, James?    Sam 29 Avr - 15:23

J'ai le cœur broyé lorsque je songe au constat de ma propre existence. Cocu, délaissé, sans enfant. J'ai été éduqué avec le sens de la famille ancré dans le bide, en construire une demeure une valeur inculquée par mes parents. Le genre d'influence à laquelle on n'échappe pas ou la pression sociale qui plane autour de moi. Je désirais construire une relation plus sérieuse avec Matthias, et peut-être que c'est sur ce domaine que j'ai commis des erreurs. Cela ne justifie pas pour autant son infidélité et son foutage de gueule. La sensation d'avoir été pris pour un con est virulente, blessante, et ne cesse de m'envahir l'esprit. J'ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne trouverai aucune raison à lui donner. Alors je lutte contre les démons qui me submergent de plein fouet et reviennent constamment me hanter dans ce quotidien morne. Je les affronte à moitié, me contentant souvent de sombrer, de plonger dans l'obscurité de cette vie. Et parfois, y'a ces brins de soleil qui viennent illuminer le cours de mes pensées, de ma journée.

Et c'est là que je te retrouve à ma porte, prêt à mon confronter de ton air autoritaire. J'ai la tête encore engourdie, le soleil plein les yeux, je t'aperçois à peine, mais suffisamment pour te reconnaître. Cela ne suffit pas pour t'accueillir chaleureusement ou te donner l'intérêt que tu mérites. Tu ne tardes pas à me le faire remarquer. « Honnêtement je croyais que c'était ce con de facteur. Il sonne toujours trente fois. » J'exagère pour expliquer mon comportement, sans que ce soit une bonne justification pour te renvoyer mon humeur massacrante à la figure. « Désolé ok ? Je viens de me réveiller brutalement. » Je m'apprête à t'inviter à rentrer mais tu t'appliques toi-même à le faire. Je n'ai pas le temps de te proposer que tu dégages l'entrée par un coup d'épaule et t'introduis dans la villa. Ton air est fermé, presque glacial, tant j'ai dû blesser ton estime. Je commence à croire que j'en ai même perdu ma politesse et que je néglige l'amitié. Peut-être parce que j'ai perdu confiance en l'humanité, et que la loyauté ne semble plus être une valeur propre à l'être humain. Pourtant, toi, tu te démarques toujours. Tu déposes un baiser rapide contre ma joue : un signe distinctif de ton amitié sincère, et petit bonheur dans ce quotidien morose, parce que mine de rien, l'affection est essentielle. Et puis tu règnes dans la villa, tu te déplaces sans daigner me jeter un regard. Tu domines la situation, clairement, me laissant perplexe au bas de la porte. J'observe tes mouvements, ta démarche jusqu'aux fenêtres pour tirer les volets et ouvrir les fenêtres. Je comprends que ça sent le chacal... mais ça me déchire les yeux car le soleil vient taper férocement contre mes paupières. Je ne suis plus habitué mais tu ne possèdes aucune délicatesse à cet instant. « Hey, tu es obligé d'être une brute ? ça fait mal aux yeux je te signale. » Je rouspète franchement, seulement pour jouer au gamin que je suis redevenu. « Mh, je pensais pas qu'il était si tard. » Je te rétorque quand tu m'expliques qu'on est en pleine journée. Je dors tant que ça ?

Tu ajoutes finalement les raisons de ta présence ici, en précisant que je te manque très certainement. Je dois admettre que cela fait bien au coeur de l'entendre.  J'esquisse un bref sourire avant de te rejoindre sur le canapé. « J'suis pas trop de bonne compagnie alors j'évite le contact. Plus on avance et plus ça se dégrade. Le temps de faire le deuil et d'accepter, j'imagine. » Je lâche péniblement en pensant à Matthias. Il traîne toujours dans mes pensées, sans parvenir à m'en dépêtrer. Mais est-ce que j'en ai la moindre envie ? Tu me proposes des idées qui m'amusent parfois. Je ris pour la dernière évoquée. « Une partouze ? » Je reprends avec un sourire. « J'aurais le partenaire idéal, quoique peut-être trop tatoué pour toi. Je l'ai vu deux fois les semaines passées. Mais même ça, ça me blase. J'ai l'impression d'être un bout de viande. C'est pas ce que je veux, je crois, baiser sans créer de lien. » Je t'explique sans que ça ne soit ton but de me pousser vers les confidences autour de la luxure. J'en ai besoin, au fond de moi, de chasser cette sensation de ne plus être moi-même. « Changer d'air, ça rime à rien. Ça va pas atténuer la douleur. » Ma déprime refait toujours surface ; mes idées pessimistes davantage. Je ne réussis pas à les dissiper, peut-être que tu pourras m'y aider. « Rien me tente pour être franc. J'ai juste envie de rester là. Il reste de la glace et quelques bouteilles de rhum. Plus tentant non ? » Je jette un regard vers toi mais tu me toises de tes yeux accusateurs et froids. Je réalise que je te déçois profondément, et que tu me supplies presque d'entreprendre un effort. Je lève les yeux au ciel en soupirant avec lassitude. J'en ai marre de devoir vivre, ça brûle le ventre et le coeur. Ça tue à petit feu. « Ok, laisse-moi 5 minutes que je me change. » Je me relève, rejoins la chambre pour enfiler mes propres vêtements, sans me doucher. Je reviens dans le salon lorsque j'ai enfilé une tenue de sport plus correcte et déposé quelques gouttes de parfum pour étouffer l'odeur nauséabonde qui doit émaner de moi. « Je crois que ce sera un golf, tu influences pas mal avec le sac. Mais laisse-moi une chance de gagner. » Je te lance un léger sourire, pour détendre l'atmosphère, mais tu n'es pas dupe : je m'efforce de feindre un engouement, alors que mon cœur s'écorche davantage à chaque minute. Même si ta présence m'apaise et me sort la tête de l'eau.
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MessageSujet: Re: Are you here, James?    Mar 2 Mai - 16:11

Je suis quelqu’un d’autoritaire et de directif. Je ne pense pas l’être de nature. Au contraire, je fus soumis à ma famille pendant bien trop longtemps. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts. Je suis désormais père de famille. Par la suite, je suis devenu patron d’un café. J’ai pris l’habitude d’avoir des gens sous mes ordres. Mais avant, j’ai surtout gagné en prise d’initiative. Je sais prendre les décisions avant même qu’on me demande d’en prendre une. On peut alors avoir l’impression que je brusque les gens. C’est d’une certaine manière complètement vraie. Mais je vais cela pour tirer le meilleur de chacun d’eux. Aujourd’hui, mon ami, James est au plus bas. Si je ne le secoue pas violement, il ne s’en remettra pas. Je ne sais pas si seul j’y arriverai, mais je veux au moins faire partie des éléments déclencheurs.

Il évoque le fait que les histoires d’un soir ne lui conviennent pas. Je suis entièrement d’accord. Si je parlais de partouzes, c’était plus pour le faire sourire que pour qu’il m’avoue ses histoires de fesses. Mais il essaye de trouver des solutions pour oublier Matthias. J’en ai fait de même ; s’oublier dans les bras d’un autre nous soigne. Temporairement. Juste l’instant de l’acte. Après tout s’envole. Le braisier se consume en un instant, et son bien-être disparait comme la fumée qui tire sa révérence. Pourtant, créer des liens avec un plan cul serait la solution. Cela prouverait que l’on peut s’abandonner à nouveau à un autre. Il n’en est pas capable. Quelque part, si je le comprends aussi bien, c’est parce que je vis la même chose. Je couche sans ressentir ; je sais ce que j’aime sans savoir qui j’aime… D’ailleurs, je ne pourrais jamais coucher avec James, j’ai trop de liens envers lui, ce qui rend notre complicité plus forte.

C’est sur cette complicité que je veux travailler. On devrait alors être capable de se dépasser puisqu’on se comprend, sans forcément vivre la même chose. « Non, c’est sûr, ça ne te convient pas. En revanche, je veux bien que tu me le présentes, je ne me suis pas vidé depuis quelques temps. » Je suis cru, mais je n’oublie pas mes envies. Par cette remarque, je veux aussi lui faire comprendre la différence entre lui et moi. C’est lui le romantique, celui qui croit en l’amour sincère. Evidemment, que ça ne lui convient pas ce genre de relation, par après son vécu. En revanche, au vu du mien, c’est plus quelque chose qui me va. Je sais pertinemment, qu’il a compris le message au-delà de ma remarque salace.

Je lui adresse au regard noir au vu de sa proposition. Il me comprend une fois de plus. C’est tellement évident entre nous, j’espère qu’il voit à quel point ça serait dommage qu’on se gâche, et qu’il regrette encore plus son silence envers moi. Du coup, il file se changer. Finalement, ma tâche s’est avérée plus simple que prévu. Je pensais que j’aurais dû sortir plus d’arguments pour le convaincre à faire du golf. En l’attendant, je me permets, une fois de plus, de faire comme chez moi. J’ouvre son frigo et ses placards. Ils sont désespérément vides. Pour autant, je repère quelques fruits frais dans sa corbeille. Je décide de nous préparer des smoothies, ça changera de l’alcool. J’arrache quelques brins de basilics dans son pot asséché. Il a vraiment lâché prise, décidemment.

Pendant que je m’attaque à ma popote, je le vois me rejoindre. Il me confie qu’il est partant pour un golf. Il me confesse cela à contrecœur. Il fait ça pour me faire plaisir, mais c’est la seule chose qui en témoigne, sa tenue, son ton, tout le fait démentir. Je finis de couper les bananes et les placer dans le mixer. Je pose mon couteau et le regarde dans les yeux. « On ne fait pas du golf en tenue de sport. Tu ne m’as pas regardé ? » Je fais le tour du comptoir, me place devant et fait un tour sur moi-même. « C’est un sport de gentlemen, il faut des mocassins, un chino, et une chemise. On ne fait pas du golf en jogging, je vais passer pour quoi moi, au club ? » Je lui adresse un clin d’œil et retourne derrière le comptoir, reprenant mon couteau en main pour m’attaquer aux poires. Examinant, ce que je fais, et ne le regardant plus, je continue. « Puis, tu vas me prendre une douche, le parfum n’est qu’un masque. Et si tu ne veux pas, c’est moi qui vais te mettre dessous. J’y prendrai peut-être même plaisir. » Evidemment, ma stratégie est toute pensée. Bien s’habiller, se doucher, cela permet dans un premier temps de se sentir éveillé et à nouveau soi-même, et être capable de l’être sans un autre. Dans un second temps, mon humour et ma drague platonique doivent lui amener l’idée qu’il peut encore plaire et surtout de penser à autre chose.
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MessageSujet: Re: Are you here, James?    Ven 9 Juin - 23:21

Tu investis la villa pour l'illuminer, non seulement par ta présence, mais aussi en laissant les rayons du soleil parcourir le salon. Tu ouvres chaque fenêtre et volet pour aérer et donner à mon habitation un air plus vivant. Les voisins doivent certainement croire qu'elle est devenue inhabitée, tant j'ai perdu l'habitude d'exercer les rites quotidiens. Alors tu t'appliques à le faire pour moi, sans doute en percevant le manque d'énergie qui me submerge de plein fouet en ce moment. Je n'ai pas la force de me confronter à la réalité ; pas la force de vivre, de manger sainement, de créer des liens, de raser la barbe ou cheveux qui poussent abondamment. J'ai comme la gueule de bois, sauf que c'est la souffrance qui saccage tout et me met dans cette position pitoyable. Je dois avoir l'air d'un désespéré, d'un détraqué qui se néglige complètement à tes yeux. J'ose à peine imaginer ce que tu penses à cet instant, alors que tu tentes vainement de me secouer pour m'ouvrir les yeux sur ma situation. Je frôle la dépression, je crois que tu l'aperçois réellement à cet instant, alors que je peine à éveiller mon esprit vers des éléments plus positifs. Tu m'en proposes tout de même, avec ton air taquin, évoquant même la (fausse) possibilité d'une partouze. Tu as le don de provoquer mon rire, même s'il est léger et que ces échos se dissipent rapidement de la pièce. Je te confie même mes besoins, et mes expériences récentes dans la luxure. Je t'évoque mon plan cul, Pryam, qui me fait vibrer un court instant avant que la morosité ne revienne, encore plus brutale, pour décimer mon coeur. Je voudrais parfois rencontrer un homme qui pourrait changer la donne, et en même temps, j'ai juste ce putain d'espoir que Matthias revienne. Qu'il se dise que Judson n'est pas l'idéal qu'il recherchait dans sa vie. Le type de rêve qui t'oppresse dans la vie et qui pue le chagrin de loin, juste par son côté irréalisable. Je dois juste supporter et accepter qu'il préfère un autre, qu'il veuille construire un bout de chemin avec ce connard déloyal. « Comme si tu avais besoin que je te présente un mec. Tu dois pouvoir t'en faire un chaque soir à ton bar. Le patron beau gosse qui abuse de son pouvoir. » Tu as toujours été un homme charmant, le genre qui a tout pour plaire. Le genre de type qui n'a aucun complexe et qui fait jalouser la plupart des hommes. Tu es le brun ténébreux aux yeux clairs, avec une musculature dessinée, qui se laisse observer d'un œil discret - ou pas. Pas le genre d'homme pour lequel je craque heureusement, ça m'évitera des peines supplémentaires. Je préfère les charmes un peu bancals, atypiques. Ceux qui te font craquer juste pour une moustache tressautant. Les Matthias... Mh, pitoyable. Encore. « Tu as jamais envie de te poser avec quelqu'un ? » Je reprends plus sérieusement, comme si évoquer ce sujet était soudainement d'une importance capitale. On en parlait jamais autrefois. Je vivais ma vie, toi la tienne, sans que le doute ne s'installe sur mon envie de construction d'un véritable couple. Maintenant, il a explosé au creux de ma tête sans vouloir disparaître. Je doute sur la confiance des gens, je doute d'être désirable. Je doute de pouvoir réussir à trouver quelqu'un qui soit à la hauteur de Matthias. « Tu me diras, vu comment ça finit de nos jours... Pourquoi perdre autant d'énergie à ça ? » J'esquisse un sourire sarcastique, en abordant cette rancune qui ne cessera certainement jamais de m'habiter. Elle me dévore les tripes. J'en veux autant à Judson qu'à Matthias, pour s'être foutus de moi aussi facilement. Alors que les années d'amitié, d'amour, guidaient nos vies, nos échanges. Tout a été réduit à néant par leur déloyauté. Et mon bonheur, lui aussi, s'est fissuré, anéanti par leur trahison affligeante.

Alors je me sens chanceux de pouvoir me fier à toi, alors que rien ne semble pouvoir me retenir hors de l'eau. J'ai l'impression de me noyer de jour en jour, et il n'y a rien pour me sauver. Mais peut-être l'amitié, doux espoir dans la monotonie de mon existence ? Je tente de faire des efforts pour plonger dans ce qui me reste d'espérance. J'accepte ta proposition de jouer au golf, me range à ton idée en me changeant pour une tenue de sport. Lorsque je reviens dans le salon, j'entends des bruits dans la cuisine. Je me déplace et constate que tu prépares quelques fruits. Tu coupes finement mais te sépares de ton couteau, pour te placer devant mes yeux, à tournoyer sur toi-même. Tu juges ma tenue en précisant qu'elle est décalée par rapport à la tienne. Tu insistes sur la honte que tu pourrais éprouver en m'emmenant dans un endroit aussi distingué. Je soupire en haussant les yeux au ciel, légèrement désabusé. « Je pensais que tu te changerais une fois là-bas. » Je commente comme pour me justifier. « Tu crois vraiment que j'ai tout ça dans mes placards ? J'avais oublié que tu es le genre homo bourgeois. » Je réplique avec un sourire amusé sur le bout des lèvres. Au moins tu actives ma taquinerie. Je te titille avec amusement. « Pas trop notre genre de jouer au golf avec Matthias. Je crois que je risque de mettre la balle à côté à tous les coups. » Je t'explique pour te faire comprendre que le golf est loin d'être mon domaine. Je ne suis absolument pas vexé par ta franchise, j'ai bien l'intention de m'exécuter sous tes conseils qui s'apparentent plus à des ordres à cet instant. En plus tu me menaces de me mettre dans la douche toi-même, en plaisantant sur le plaisir que tu pourrais prendre. Ta remarque provoque un sourire sur mes lèvres. « Je voudrais bien voir ça tiens. » Je ris parce que je n'y crois pas une seule seconde évidemment. « Ok, je file. Tu es pire qu'un dictateur. » J'accompagne ma taquinerie par un clin d’œil, puis je me dirige jusqu'à la salle de bain pour prendre une douche chaude. Je laisse l'eau brûlante s'écouler contre mon corps fébrile, et pour une fois, je savoure. Je décontracte mes muscles en prenant mon temps. Je ne crois pas que tu m'en tiendras rigueur. Je me rase même pour débroussailler, sans prendre de risques avec ma chevelure ébouriffée. J'essaye juste de l'arranger, avant d'appliquer le parfum. Je m'habille finalement d'une chemise blanche, d'un pantalon qui se rapproche assez de ce que tu m'as demandé, et des richelieu. J'essaye d'être un minimum classe, en tout cas élégant, mais je peine à y parvenir j'ai l'impression. Je crois que je flotte dans mes vêtements, mais je ne m'y attarde pas plus, et descends pour te rejoindre. Tu as terminé tes smoothies, je me contente de te sourire. Je me sens légèrement plus confiant, je comprends mieux ta démarche logique.
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