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 et la terre s'arrêta (ft. shannen)

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MessageSujet: et la terre s'arrêta (ft. shannen)   Lun 17 Avr - 12:16


Les nuits dans sa cellule sont moins longues. Les murs de la prison sont moins gris. Les insultes sont moins déchirantes. Il voit un tout nouveau décor, une facette qu'il n'avait, jusqu'ici, jamais vue. On le voit sur son visage qu'il est heureux, à sa façon de marcher bien plus légère, ses sourires qu'il cache en avalant sa purée, les photos qu'il colle contre lui avant de s'endormir. Tout ça à cause d'elle. Sa fille. Shannen. Un étrange sentiment tranchant l'avait submergé, l'impression de voir sa fille pour la toute première fois de sa vie. Mais Terry ne pouvait s'empêcher de revoir le bambin dans ses bras. La poupée aux joues roses et aux yeux perçants qui tentait d'agripper son visage, comme on tente de toucher la lune. Il s'en berçait le soir. De son visage qui reste dans le fond de sa mémoire. De ses rires silencieux qu'il entend avant de passer au doux sommeil. Sauf que l'usure cramait une partie de son visage. Terry commençait à ne plus se souvenir parfaitement de ses traits. De ce à quoi elle ressemble aujourd'hui, se contentant des photos et sa mémoire qui continuait à bosser bien plus que l'ordinaire. Quand tout espoir de se souvenir de ses traits minutieux partait en même temps que ses yeux bleus, une visite lui fut annoncé. Sa fille, le jour de son anniversaire. De ses dix-sept ans. Il n'a rien, pas un cadeau ou une tenue plus appropriée à porter que la tenue grisâtre de l'ambiance morose de la prison. Ça fait dix-sept ans qu'il n'a pas de cadeau. À sa sortie, le temps perdu sera à rattraper. Assis, les deux mains sous la table sans un mot aux bouts des lèvres. Pas de Ciaran aujourd'hui. Pas une épaule sur qui se tourner pour rendre le moment moins gênant. Moins sensible. Moins tangible à une larme aux bords des yeux. Il redoute le moment. Pire que la première fois. Sa jambe tressaute de stresse, ses mains s'écrase contre ses genoux pour se calmer. Inspire. Expire. Rien n'y fait. Ça continue de grimper dans son cerveau pour tenter de l'exploser au beau milieu de tous. Elle arrive avant le désastre. Blanche au milieu d'une pluie de boue. Elle avance, hypnotisant la plupart des détenues. Elle fait changer le monde à sa manière. Par un regard, par un geste. Il en sourit. Parce que putain, c'est sa fille. Terry se redresse, lui faisant signe de venir le rejoindre plus rapidement. Il ne voudrait pas partager sa fille avec quelqu'un d'autres, pas un regard de plus sur elle ou il ferait un massacre. Hey. on a vue mieux. Comment tu vas ? on a définitivement vue mieux. Le stresse parle à sa place, gobe les mots poétiques pour cracher les phrases de secours. C'est court. C'est lourd. C'est moche. C'est pathétique mais ils feront avec. Mains sous la table pour cacher le désastre de sa vie gâchée, il se contente de lui sourire et de poser son regard sur ses mains. C'est gênant. Long. Mais il ne sait pas quoi rajouter. Qu'est-ce qu'un père dirait dans ces conditions ? Joyeux anniversaire. J'suis … j'suis content de te voir aujourd'hui. et c'est là qu'il devrait tirer sur une ficelle, sortant une tonne de cotillons, des cadeaux arriveraient par centaines et quelqu'un se contentera de crier ''c'est une caméra cachée!'' et ils se prendraient dans les bras en riant, se mélangeant à quelques pleures. Au lieu de ça, un silence. Pesant et long. Des regards fébriles, timides et honteux. Ça risque d'être long. Bien trop long avant d'espérer entendre la fameuse phrase de la caméra cachée. Il a beau jeter un regard aux quatre coins de la pièce, pas un signe de cotillons. Une prochaine fois, peut-être.
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Shannen Weaver
La crevette ingénue
☞ ÂGE : 17 ans. (22/04)
☞ STATUT : amoureuse de son pedobear. heureuse. rêveuse.
☞ PROFESSION : lycéenne emplie de rêves et d'espoirs ; baby-sitter d'un petit James.
☞ HABITATION : petit appartement à Thornhill avec sa mère.

☞ BAFOUILLES : 4142 ☞ PSEUDO : demon dance (emeline).
☞ AVATAR : elle fanning.
☞ CREDITS : Lolitaes.
☞ MULTI-COMPTES : aucun.

MessageSujet: Re: et la terre s'arrêta (ft. shannen)   Mar 25 Avr - 0:10


Lorsqu'elle attend le bus à l'arrêt, assise tranquillement à côté d'un homme tatoué, Shannen sent l'angoisse lui échapper. La cigarette qu'il lui offre parvient à étouffer les traces de nervosité qui encombrent son cœur, ou est-ce plutôt l'échange qu'ils entretiennent. Elle savoure en tout cas l'instant avec ce garçon, pour rendre son impatience et sa peur moins virulentes. Lorsque le transport en commun atterrit sous ses yeux, elle est toutefois contrainte de l'abandonner sur ce banc minable. Elle lui esquisse un sourire chaleureux avant de grimper dans le bus et de payer son billet. Lorsqu'elle s'assoit sur une place libre et qu'elle observe les détails extérieurs par la vitre, l'anxiété vive vient de nouveau comprimer son cœur. Ses entrailles se tordent de douleur, se serrent pour former un nœud à son estomac. Elle se sent vacillante, crispée, inquiète. La boule qui se forme au creux de son ventre lui procure une sensation d'étouffement et de manque d'énergie. Elle ne parvient pas à contrôler les émotions qui l'animent chaque fois qu'elle se confronte à sa solitude. Lorsqu'elle communique, la parole est libératrice et permet d'atténuer la pression de son corps. Alors quand elle s'isole dans un mutisme pesant, elle se laisse emporter par ce flot d'émotions négatives. Elle plonge dedans, s'y noie lentement, commençant à étouffer. Ses poumons ne cessent de se compresser, de rendre sa respiration coupée, saccadée. Elle ne se sent pas du tout prête à intégrer cette prison pour revoir le regard océan de son père, celui dans lequel elle s'est perdue quelques minutes pour déceler un brin de sincérité. Elle pose une main contre son ventre pour rythmer son souffle et tenter d'amoindrir son taux de stress. Quand elle se dégage du bus et qu'elle retrouve le vent, l'air pur, elle se sent presque soulagée. Elle respire profondément en entreprenant quelques pas jusqu'à tomber face à face avec ce bâtiment géant.

Elle s'introduit à l'intérieur, commence les contrôles préventifs, avant de retrouver la salle glauque, dans laquelle toutes les familles se réunissent. Lorsqu'elle les détaille, elle se sent presque chanceuse, parce que les larmes et les étreintes désespérées lui sont épargnées. Elle se contente seulement d'un sourire lorsqu'elle parvient à la table, et de s'asseoir face à son géniteur. « Hey. » Elle répond poliment sans surnom poli. « Ça va et toi ? » Sa réponse pue le mensonge, mais comment pourrait-il le voir ? Il ne connaît pas ses mimiques, les signes distinctifs de sa peine. Il connaît seulement les passions dont elle se nourrit, ses notes à l'école. Elle n'a aucune envie de lui expliquer ce qui la ronge, que cet endroit la terrifie et qu'elle se pensait plus courageuse que ça. Elle n'a pas envie non plus de lui crier sa hargne, de lui admettre que tout déconne dans son existence en ce moment. Elle n'a pas envie de lui avouer qu'elle était enceinte de trois semaines, de Ciaran, cet homme qu'elle aime d'un amour pur et conséquent mais qu'il verrait comme un imposteur. Ni qu'elle a dû avorter. Elle n'a pas envie non plus de le pointer du doigt comme responsable, de lui affirmer que tout ce qui lui arrive est de sa faute. La nouvelle désarmante à son sujet l'a chamboulée à un tel point que la pilule a été négligée. Et si elle lui hurlait tout ça à la figure, est-ce qu'il l'aimerait encore ? « Oui je me doute. » Elle sourit, encore, parce que c'est définitivement ce qu'elle fait de mieux dans ce monde de brutes. Elle comprend que le bonheur doit le consumer à cet instant, elle comprend aussi l'importance qu'elle a dans son cœur. La réciprocité n'est pas tout à fait exacte, mais se retrouver ici, en face de lui, n'est pas déplaisant non plus. Elle apprend à appréhender ses réactions, à apprivoiser ses expressions faciales. Elle le détaille souvent des yeux, à la fois admirative et curieuse. Elle retient toutes ces petites choses qu'elle n'a jamais connues, et qui lui apportent un brin d'humanité : les rides coincées sous ses yeux, ses cheveux qui ont dû perdre en éclat au fil du temps. Elle se demande s'il était blond comme elle auparavant, ou si elle tient réellement de sa mère. « Ça ne doit pas être la joie ici. » Elle reprend finalement pour tenter de créer le contact, pour ajouter quelques mots à sa phrase emplie de banalité. Elle ignore comment se comporter, ce qu'elle est censée dire, ce qu'il voudrait aborder avec elle. Elle ignore tout, si ce n'est que maintenant elle tient la vérité entre ses doigts.

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Ephémère devienne Eternité ☽ J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil, te dire que le monde est beau et que c'est beau d'aimer. J'aurais aimé t'écrire le plus beau des poèmes et construire un empire juste pour ton sourire. Devenir le soleil pour sécher tes sanglots et faire battre le ciel pour un futur plus beau.
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